Mardi 30 octobre 2007
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I
nterrogé en marge de la table ronde de Bruxelles, le porte-parole de l'homme fort de Bangui,
Cyriaque Gonda nous a déclaré qu'en tant que Chef de l'Etat,
François Bozizé se devait de fixer un lieu où doit se tenir le prochain dialogue politique inclusif, mais cela ne devait pas être considéré comme un refus de sa part de voir les travaux du
prochain dialogue politique inclusif se tenir à l'extéreur de la République Centrafricaine. « C'est un chef de l'Etat, il ne va pas quand même dire, allons dialoguer à l'extérieur. Ce dialogue
concerne les Centrafricains, il ne concerne pas seulement quelques individus ou la classe politique », nous a-t-il déclaré. Et Gonda de souligner que « C'est une très mauvaise interprétation de
ce décret. Cet article est clair : le lieu est Bangui. Mais en même temps, il y'a un autre article qui précise que le comité préparatoire verra dans quelle mesure créer des passerelles de façon à
ce que ceux qui sont à l'extérieur puissent parler. C'est un décret, mais le comité préparatoire a un travail à faire. Il faut quand même que le président de la République fixe un lieu ».
Lorsqu'on lui pose la question sur la situation intérieure de notre pays, le porte-parole de François Bozizé martèle que «La situation intérieure se stabilise. Quant au prochain dialogue, il y'a
un décret d'application qui a mis en place la répartition des entités représentées. Il y'aura un autre décret nommant spécifiquement les individus qui feront partie du comité préparatoire et
c'est ce comité préparatoire qui mettra tout en œuvre pour que ce dialogue ait lieu ». Avant d'ajouter que «Ce qui retarde la tenue de ce dialogue c'est le fait que nous attendons encore les
délégués d'un des groupes rebelles en occurrence l'APRD ».
Voilà que cette déclaration du porte-parole de François Bozizé a le mérite de donner des indications sur la suite que le président centrafricain compte donner au prochain dialogue et vient
contredire les prétendues déclarations de son patron dans le magazine panafricain Jeune Afrique Intelligent. Est-il besoin de rappeler le drôle de rebondissement que celui qui entoure la
prochaine tenue du dialogue politique inclusif, réclamé par la majorité des acteurs politiques nationaux ? (lire nos précédentes livraisons). Les Centrafricains n'avaient que faire des volte-face
et du festival des communiqués et autres déclarations qui entourent cette question. Car après avoir trouvé un compromis sur le quota des membres du comité préparatoire et désigné ses
représentants dans cette instance, l'opposition dite démocratique regroupée au sein de l'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), a cru devoir contester quelques jours plus tard un décret de
François Bozizé instituant le comité préparatoire et fixant Bangui comme le lieu où doit se tenir les travaux , laissant ainsi planer un doute sur sa prochaine participation à cette consultation
indispensable pour le retour à la stabilité et la paix dans notre pays . Pis encore, dans la dernière interviex accodée à Jeune Afrique, il n'avait pas rassuré les observateurs. Il y'a donc une
lueur d'espoir à l'horizon si l'on s'en tient aux déclarations de Cyriaque Gonda. Tout semble indiqué que désormais le président centrafricain ne s'opposerait plus à la tenue du dialogue
politique sur un territoire neutre. Il serait prêt à faire des concessions.
L'inquiétude et le paradoxe ne proviennent plus que du côté de l'opposition dite démocratique regroupée au sein de l'UFVN dont les intentions et les objectifs dans le cadre de ce dialogue sont
des plus ambigus et des plus obscurs. Premièrement, la quasi-totalité des partis membres de l'UFVN participe au gouvernement, donc comptable de la gestion du pays. C'est dire qu'ils partagent
avec François Bozizé la responsabilité de la situation actuelle en leur qualité de cogérants. Alors, au nom de quelles maximes politiques doivent-ils se considérer comme des opposants au pouvoir
et réclamer la tenue du dialogue ? Lorsqu'on sait que dans le gouvernement Doté, il existe des ministres membres des partis d'opposition. Secundo, depuis plusieurs mois, les responsables de ces
partis dites d'opposition crient au dialogue, mais ne disent pas clairement ce qu'ils entendent dire à Bozizé lors de ce dialogue. La question se pose donc de savoir que vont-ils dire de concret
si ce n'est de solliciter davantage de postes ministériels ? Nous apprenons d'ailleurs qu'au sein même de l'UFVN il y'aurait actuellement une vive tension sur la question du nom de celui qui sera
désigné premier ministre par François Bozizé à l'issue des travaux du prochain dialogue politique inclusif. A en croire notre source, l'UFVN serait au bord de l'explosion faute du télescopage
entre ses deux leaders qui se disputent le poste de premier ministre. Mais les intéressés que nous avons contactés ont qualifié ces informations « d'affirmations fantaisistes et grotesques ».
En dépit de ces dénégations, il subsiste encore des doutes sur les vraies visées des acteurs politiques nationaux à propos du prochain dialogue.
Mardi 30 Octobre 2007
Adrien Poussou
Par l'Indépendant
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Publié dans : CENTRAFRIQUE INFOS
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